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JASSAUD René. FTPF. Lorgues. Var

René Jassaud est né à Lorgues .Var. le 22 janvier 1927. Son père est menuisier, et son grand père Agriculteur. Il est encore à l’école quand la guerre éclate,  mais bientôt ses professeurs vont recevoir l’ordre de mobilisation, et vont devoir partir à la guerre, les élèves recevrons les cours des plus âgés, mais René décide bien vite de ne plus aller à l’école. Son père le fait travailler à la ferme familiale, puis  il se fait embaucher  comme chauffeur  livreur chez monsieur CLEMENT, (Distillerie Clément) même si il n’obtiendra son permis de conduire en 1945 … !

Son travail consiste à des livraison ou transport de marchandises, entre le Var, les bouches du Rhône, les Alpes de hautes Provence. René Jassaud commencera par le biais de monsieur CLEMENT à venir en aide aux refugiés de Menton,ébergés suite à l'invasion Italienne de 1942 dans les villages du Var, tel que Lorgues ou Les Arcs. il effectuera le transport de leurs affaires personnelles alors que son patron viens d’acheter un camion Berliet « Gazobois ».

La famille Jassaud, domicilié place neuve à Lorgues n’habite pas très loin de la Boulangerie PIEPLU dont ils sont de fidèles Clients. C’est ainsi qu’un jour, Roger PIEPLU,   lui parles à mots couverts du fait qu’il pourrait être utile à la France et effectuer quelques petites missions d’aide. C’est ainsi que René Jassaud entre dans la résistance.  Roger PIEPLU était en fait l'un des chefs F.T.F (Francs Tireurs Partisants) sur le secteur de Lorgues. Tout d’abord il servira d’agent de liaison, vers le maquis de Aups, à pied, raconte t-il : " Quand on as 17 ans, ce n’était qu’une rigolade, dans la nuit de faire la marche à travers les collines Lorgues Aups, et Aups Lorgues avant le levé du jour...."  Des messages, mais également, plus tard des Soldats Polonais , qui avaient désertés l’armée Allemande lors du passage d’un convois prés de Salernes.

Puis avec le camion de Mr CLEMENT ou celui de son beau frère monsieur HERAULT, le directeur de l’école de Lorgues , il vas effectuer le Transport d’Armes, notamment lors de parachutage au col du Bel Homme à Brovès, par ordre de FONTES,  avec sa camionnette aidé de deux camarades il acheminera les armes à la cache des Nouradons chez un nommé "Dominique" . (petit hameau situé entre Draguignan les Arcs et Lorgues) C'est dans cette opération qu'il se lira d'une amitié éternelle avec le résistant Dracénois Henri PARLARRIEU, pour qui il avait une sincère admiration. " .. ç'était un vrai... sur qui je pouvais compter dans tous les coups dur..."  disait René.

 

 Il se souviens notamment du transport d’armes de la nuit du 14 juillet, ou par retard dans le chargement il se retrouve au levé du jour à passer devant la Kommandantur de Draguignan, seule route possible entre Figannière et Lorgues .

 

Le 14 aout 1944, comme tous les hommes de la résistance locale, il se portera à disposition de ses chefs prêt à entrer en action pour les missions de combats de Libération.

Au matin du 15 août, alors que les premiers  combats  ont déjà lieu, et que des parachutites Américains du 517em régiment sont tombés par erreur près de Lorgues, il vas se porter volontaire avec la Citroën C6 de monsieur Herault,  pour conduire ses camarades résistants au dépôt d’armes des Nouradons par le petit chemin sinueux des Pailles et les pistes, la route principale de Lorgues - Draguignan ayant été coupée par un sabotage du pont de Florièye par un autre groupe de résistants quelques jours auparavant afin de bloquer toutes retraites ou renforts Allemands,.

Le convoie de 2 vehicules et de prés d’une vingtaine d’hommes roulent vers le dépot.. Au passage ils récupèrent également Paul Marrucci  et  le résistant Dracénois Roger FREANI. Une fois les armes récupérées, sous les clapiers de pierre, et sachant que le retour à Lorgues était difficile, il prennent le décision de passer par les Arcs, à 6 kilomètres au Sud, et remonter par la route de Taradeau au bas de la ville.

René se souviens : « Nous voilà descendre aux Arcs, armés jusqu'aux dents..  Quand nous sommes arrivés sur la place des Arcs, il n’y avait pas grand monde mais le peux de personnes que nous avons rencontrés nous ont prévenues : "... Ne descendez pas, n’y allez pas, les Allemands tiennent la gare.." Pourquoi ne les avons-nous pas écoutés… ?????  nous ne le saurons jamais... l'envie sans doute d'en découdre avec "Les boches.." depuis les mois et les années que nous attendions la délivrance .. "..  Quand nos deux camionnettes sont arrivées au niveau du pont de la gare, nous nous sommes arrêtés..il y avait un groupe de résistants des Arcs ou d’Américains avec une mitrailleuse je ne sais plus trop bien .. j’étais le premier véhicule du convois…

 

" je me souviens que l'un de nous est descendu de la camionnette une fois le pont passé et s'est avancé à pied .. là il y avait un civil à qui il demanda.. c'est bon en bas ??  l'homme lui répondit : c'est bon vous pouvez y aller, la voie est libre"...

Je redémarre mon véhicule et nous voilà partis pour les 4 chemins au bas du village . A peines avions nous fais deux cent mètres que les balles des mitrailleuses comment à siffler … je suis touché le premier à la tête, à l’oreille et à la bouche. Les Allemands sont embusqués dans les vignes, dans le près et même dans les muriers . Une rafale de mitrailleuse explose la citerne de Gazobois . Le Véhicule câle, j'essai de redémarer mais il prend feu et est mis hors d’usage.. comme mes camarades je saute de la camionnette.. les rafales se succèdent. Nous avions posté un de nous avec un fusil mitrailleur sur le toit de la camionnette. Il a le temps de riposter et tuer le tireur du nid de mitrailleuse le plus proche.  Nous devons ce jour la vie à deux des nôtres qui n’ont pas hésités à sauter de la camionnette et partir en courant en direction des ennemis en vidant leurs chargeurs.  Le Mentonnais Antoine Rocca, surnommé « tonton » car il était le plus âgé d’entre nous. (né le 24.02.1908) qui fonce et s’empare de la mitrailleuse allemande qui venais d’être neutralisé. Il retourne l’arme et mitraille les allemands en direction des tirs. L’autre des nôtres, se précipite à couvert au pied du Murier et avec son fusil tire à chaque mouvements. Cela laisse du temps à ceux qui ne sont que blessés comme moi de se replier ou de se mettre à couvert.  je cours sans me retourner,  je trouve une petit canal d’irrigation et me jette au font, je commence  à ramper pour échapper à la fusillade.. je passe dessus le corps de mon camarade Dalmasso, et arrive proche de mon ami Borghese. A peine essai t’il de se relever pour ramper qu’ une rafale le touche aux fesses.. nous rampons le plus raz du sol possible dans la boue du canal nous réussissons ainsi à fuir… puis courir… sans se retourner… sans s’arrêter… à bout de souffle , dans la chaleur de cet après-midi du 15 aout, nous nous arrêtons enfin en lieu sûr, sans savoir qui, de nos frères d’armes, sont encore vivants…nous savions que nous ne pouvions plus rien faire pour eux..  nous arriverons le lendemain à Lorgues ou le message de cette tuerie était arrivé avant nous . Nos parents en larmes tellement rassurés de nous voir revenir malgré mes bléssures. j'étais blessé mais vivant...Ce ne fut pas le cas de tout mes camarades hélas puisque 12 résistant de Lorgues ont perdus la vie ce jour là et le dracénois Roger Fréani. Je suis pris en compte par le petit hôpital de Lorgues... 

C'est là que s'arréta pour moi l' épopée de la Libération de Provence.

 

René depuis cette période sombre de l'occupation n'as de cesse de rendre hommage à ses frères d'armes tombés aux combats. il témoigne , dans les écoles, les collèges , pour que la France se souvienne du prix payé pour notre liberté. (récit recueilli décembre 2017. J.M & A.S)

 

Samedi 21 Mars 2020, René nous quittera mais restera pour tous ceux qui l'ont connu comme "le rescapé" du massacre des 13 Lorguais aux Arcs, mais nous nous souviendrons tous de sa gentillesse et de sa joie de vivre. Repose en paix l'ami, ta mémoire ne sera jamais oubliée.

(photo lors de sa dernière venue aux Arcs à l'exposition Opération-dragoon.com organisée en août 2020 à l'occasion du 75em anniversaire de la libération.)

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Commentaires: 2
  • #1

    AGNES (mardi, 25 septembre 2018 21:12)

    un sacrés bonhomme ce renée à son age il chasse encore avec nous
    mon père passait par eux pour porter les info aux maquis d'AUPS il venait a
    vélo de TOULON à son village LE THORONET

  • #2

    ROCHESANI.Pierre (lundi, 23 mars 2020 09:25)

    René tu viens de nous quitter,je suis triste de perdre un Ami,un exemple,un homme qui comme de nombreux autres se sont battus pour que des générations puissent vivre libres.
    A Marcelle son épouse,je lui adresse mes plus affectueuses pensées,je sais que pour elle, à cet âge là ,voir son époux partir des suites de cette malheureuse chute alors qu'ils auraient pu faire encore un bout de chemin ensemble,ce doit être terrible.
    René sache que je ne t'oublierai jamais,ton nom restera gravé dans l'histoire héroïque de Lorgues.
    Ton Ami Pierre