Ernest MILLET alias "Valéri" est né le 18 juin 1898 à Hyères dans le Var, il était chauffeur dans la société de cars G.A.B.Y . (Groupement des Autobus Bleu Hyérois ) Il rejoint dès 1940 dans la résistance locale, tout d'abord avec le mouvement COMBAT, puis il est rattaché à l'armée secrète (A.S) , sous l'impulsion de son patron Louis PICOCHE. (futur chef des maquis de la résistance Varoise.) C'est ainsi que par le biais des transport Ernest MILLET transportera bon nombre d'armes parachutées, de messages, de clandestins et de réfractaires au travail obligatoire dans bon nombre de maquis du Haut Var.
Le 12 juin 1944, alors que de retour d'une mission de ravitaillement, la camionnette qu'il conduisait fut arrêtée à un barrage établi par des miliciens venus de Marseille et Draguignan à l’entrées nord du village d'Aups, route d' Aiguines, (départementale 957) tandis que la Milice investissait la localité. Une arme ayant été trouvée dans le véhicule, il fut arrêté et fusillé sur le champ avec le gendarme François DUCHATEL après un simulacre de jugement. Les autres résistants réussirent à sauter du véhicule et s'enfuir.
Malgré l'occupation allemande et les risques de terribles représailles qui eurent lieu dans les mois de juin juillet et aout par les miliciens de la compagnie Brandebourg ou de la milice, un messe fut dite en l'église de Hyères, sa ville natale, le 14 juillet 1944. Date tout autant symbolique. A la sortie de la messe un manifestation au cris de "nous de vengerons fut dispersé rapidement.
MILLET sera décoré à titre posthume de la médaille de la résistance et de la croix de guerre.
Une rue porte son nom dans le village de Aups où il fut exécuté.
Extrait du cahier de route du commandant VALLIER, chef du maquis :
Lundi, mon vieux copain MILLET, Ernest MILLET avec qui nous étions déjà si copains autrefois, avant la résistance, au vieux temps des cars Hyères-Tour Fondue, et avec qui insensiblement on était devenu des amis depuis que nous étions “résistants”, MILLET est tombé sous les balles des miliciens. Avec lui est tombé DUCHATEL, un des 3 gendarmes d’Aups qui sont venus pour se battre avec nous et qui depuis longtemps nous aidait, grâce à son métier de gendarme.
Ils allaient pour le ravitaillement à Moissac et à Aups et ont été pris dans une embuscade des miliciens. BOUET, l’un des gendarmes a réussi à se sauver et est revenu au camp le soir tard, et c’est par lui que j’ai appris le traquenard. Il ne savait rien du sort de ses camarades, et c’est le lendemain, par les “on-dit” du pays et le soir par un télégramme officiel adressé d’Aups à Aiguines où habitait la famille de DUCHATEL, que j’ai su la mort de mes deux hommes. Ernest (MILLET) a été tué par une balle en pleine figure et DUCHATEL après avoir épuisé les munitions de son revolver s’est fait tuer au garde à vous. Les miliciens ont laissé les corps dehors au soleil toute la journée avec un écriteau portant: “C’est ainsi que meurent les traîtres de la France”. Et on veut qu’il n’y ait pas de haine entres Français ! ?
Autrefois je ne voulais combattre que contre les Boches, mais le soir où j’ai appris cela, j’ai juré vengeance à Ernest et à Duchâtel - impitoyable.
Travaux de recherche opération-dragoon.com.
Toute utilisation même partielle de cet article merci de mentionner les sources : opération-dragoon.com, Maitron et archives départementales Var côte1 2W. carnet du maquis Vallier.
