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COLMENAR Marceau, FFI, La Motte en Provence

     Marceau Félix Joseph COLMENAR est né le 1er Mai 1922, à La Motte ( var ) .

 

     Il servira sous les drapeaux pendant la guerre de 1939/1940, dans la marine nationale. A l'armistice du général Pétain il retournera dans son village natal et reprendra son travail d'avant guerre en tant que manœuvre pour son oncle Émile BROCCHI en maçonnerie.

 

    Fin mars 1943, il est envoyé au STO en Allemagne, à Radeberg plus précisément dans la région de Dresde. Il rentrera dans ses foyers le 29 décembre 1943.

   

Marceau est le 5ème homme debout en partant de la gauche.
Souvenir de Gemenischaft lager, Radeberg, 30 Mai 1943
Livret du STO de Marceau COLMENAR
Livret du STO de Marceau COLMENAR

    Le 1er Février 1944, il s'engage au sein du groupement FFI de La Motte sous les ordres de André BAUCHIERE, et sera responsable du service intérieur au sein du groupe. Son engagement se termine le 22 Août 1944.

Souvenir du 15 Août 1944, photographié devant un planeur WACO CG4/A américain.
Souvenir du 15 Août 1944, photographié devant un planeur WACO CG4/A américain.

    Il sera rappelé sous les drapeaux dans la marine et servira jusqu'au 30 septembre 1944, le long des côtes italiennes. Son bateau, l'héroïque croiseur français "Georges LEYGUES" servira dans cette période d'appui feu pour l'avancée des troupes alliées le long de la frontière italienne. L'histoire veut que lui même et ses camarades assistent les mêmes unités aéroportées qui un mois plus tôt ont libérées son village de la Motte.


1er BMCA, Mars 1942. Marceau est l'homme de droite
1er BMCA, Mars 1942. Marceau est l'homme de droite
Le Georges LEYGUES
Le Georges LEYGUES

Historique du Georges LEYGUES : 

Ce croiseur est un héro, parfois oublié de la bataille de France. Mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Penhoët à Saint-Nazaire, le 21 septembre 1933, il est mis à flot le 24 mars 1936 pour être achevé le 4 décembre 1937. Au début de la Seconde Guerre mondiale, il sert dans la « Force de Raid » à Brest qui patrouille en Atlantique pour intercepter les raids des grands navires de guerre allemands. À la signature de l'armistice, il est basé en Méditerranée et rejoint Toulon après Mers-el Kébir. Le 9 septembre 1940,  il quitte le port varois avec la Gloire et le Montcalm et franchit le détroit de Gibraltar, sans réaction de la part des Britanniques. La division de croiseurs fait escale à Casablanca pour faire le plein de mazout et continue jusqu'à Dakar où elle arrive le 14 septembre. Le navire restera inactif les deux années suivantes jusqu'au débarquement allié en Afrique du Nord le 8 novembre 1942 et l'occupation allemande de la zone libre à partir du 11 novembre 1942. Au début de 1943, il commence des patrouilles en Atlantique depuis Dakar et le 13 avril il intercepte le navire allemand Portland qui fut sabordé par son équipage. Le Georges Leygues est modernisé à Philadelphie U.. de juillet à octobre 1943. Les installations aéronautiques sont débarquées (catapulte, mât de charge arrière, hangar et hydravion). Il est équipé d'un ASDIC (ancêtre du Sonar sous marin américain) et de radars SA et SF et son artillerie anti-aériennes est modernisée et renforcée par seize pièces de 20 mm Oerlikon Mk 4 et six pièces de quatre canons de 40 mm Bofors Mk 1/2.

Le Georges Leygues retourne à Dakar pour des patrouilles contre les navires allemands tentant de forcer le blocus. Il participa ensuite au débarquement allié du 6 juin 1944 en Normandie, en appui feu des troupes américaines d'Omaha Beach le 6 juin 1944, en canonnant la batterie de Longues-sur-Mer, puis au débarquement de Provence du 15 août 1944 ou il tire 271 coups en 2 jours.

Ci-joint des extrait du carnet de route d’un marin à bord Croiseur qui donne une idée de la vie sur ce navire pendant ces heures historiques : 

…  « 30 mai 1944 : Cessation des communications avec les bâtiments et la terre. nous sommes

tous sous scellés.

1er juin 1944 : Nous apprenons que le débarquement est tout proche et que nous allons y

participer en premier rang.

2 juin 1944 : Savons que l’opération aura lieu en Normandie entre Isigny et Honfleur.

Nous autres allons dans la région de Port-en-Bessin avec les Américains.

Nos objectifs à bombarder sont désignés et tout est minutieusement préparé.

3 juin 1944 : Appareillage à 3h du matin avec l’escadre américaine dans la direction sud.

4 juin 1944 : Dans la matinée, nous apprenons que les opérations sont retardées de 24h.

Tournons en rond toute la journée. Avons croisé un convoi immense se

dirigeant vers le sud. Le moral de tous est excellent et tout le monde se rit de

la mort qui pourrait bien être proche. La grande confiance en l’amiral

Jaujard et au bateau rend le « Georges Leygues » fort et prêt à tout. Le

retard semble être dû au mauvais temps car la mer est particulièrement

houleuse.

5 juin 1944 : On avance doucement le long des côtes anglaises. A 20h, poste de combat et

cap sur la France.

6 juin 1944 : Nous mouillons entre Grandcamp et Port-en-Bessin à 5h10. Ouvrons le feu

à 5h40. A 6h30 l’heure H a sonné et les premières troupes débarquent.

Toute la journée la lutte est chaude et serrée. En fin de journée, les chalands

ne peuvent plus accoster.

7 juin 1944 :  Bombardons toujours violemment la côte malgré la riposte des batteries et

des avions allemands.

8 juin : La bataille fait toujours rage et nous tirons sans cesse avec succès sur divers

objectifs qui permettent l’avance assez rapide maintenant des Américains.12

9 juin : Une embarcation de bord va à Port-en-Bessin. Alertes aériennes dans la

soirée.....

 


26 juillet : La corvée de munitions continue. Le bruit court qu’un débarquement en

Méditerranée est imminent. Nous sommes au secret à 17h. Appareillage cap

à l’est, nous allons en Italie.

28 juillet : Mouillage dans la rade de Torente à 18h. Les bateaux du coup de

Normandie sont là, Jaujard est sur le « Montcalm » depuis le 24.

6 août 1944 : Il y a maintenant sur la rade seize bateaux de guerre français. Les fusiliers

marins et les troupes françaises embarquent sur les transports.

7 août 1944 : Exercice d’escadre dans la journée avec le « Fantasque » et le « Terrible ».

10 août 1944 Depuis minuit somme scellés ainsi que tous les bâtiments sur rade. Le

débarquement est proche.

11 août 1944 à 13h discours du commandant qui nous apprend que nous allons participer

au débarquement sur les côtes de Provence. Le débarquement est presque entièrement français. Toute la marine française y participe. Il y aura sept divisions françaises et cinq américaines qui doivent débarquer les premiers.

A 13h45 appareillage avec « Montcalm », « Philadelphie », « Nevada »,

« Texas » et tous les torpilleurs et avisos américains.

12 août 1944 :  Faisons route vers le nord à faible allure. Apprenons que nous débarquons le

15 août au matin. La mer est légèrement houleuse.

13 août : Au fur et à mesure que nous avançons, les chalands nous suivent.

14 août : A 20h nous sommes au large de la Corse.

15 août 1944 : Poste de combat à 4h du matin.  A 6h50 le bombardement naval commence pour se terminer à 8h30. A 8h la première vague de débarquement prend pied à

terre. Nous sommes en face de deux batteries de 220 qui semblent mortes. A

12h tout s’est bien passé, les troupes ont atteint leurs objectifs.  Seul Saint-

Raphaël résiste. Tous les cuirassés ouvrent le feu dessus. A 22h nous

partons au large par crainte des avions. L’aviation française a fait du joli

travail.

16 août 1944 : Retour à 5h du matin devant Saint-Raphaël. Rien à signaler de la journée. Les

convois français se dirigent déjà vers l’intérieur. A 19h nous quittons les

lieux cap au sud.

17 août : Arrivée à Propriano,  Corse, à 17h. Tous les bateaux sont là.

18 août Dans la matinée plein de munitions et de mazout. A 12h appareillage pour la

deuxième manche (peut-être Toulon) ;

19 août : Arrivée devant Toulon tôt dans la matinée. A 16h10 tirons sur les batteries

près du port. Cessons le feu à 17h. Mission remplie avec succès. Je pense

soudain à ma petite amie qui est peut-être là. Si seulement je pouvais la

revoir….

20 août : Poste d’alerte dès 8h. Nous partons en mission avec le « Montcalm » pour

déceler les batteries de 155 qui nous tirent dessus. Ripostons. A 11h nous

approchons du Capo Cepet et tirons dessus. Une batterie de 138 nous prend a

parti mais nous fonçons sur notre but crachant à toute allure. A 11h30 un

coup sur l’arrière du navire nous fait faire demi-tour. Un obus est tombé sur un affût

de 40 faisant des victimes. A 18h nous partons au large après avoir tiré trois

cents coups et s’être échappé de la mort.

21 août : Toujours devant Toulon. Tirs sur batteries.

22 août : Restons au large en repos.

23 août : Reprise du tir sur le Cap Cepet : 282 coups tirés dans la journée.

24 août : Continuons le même travail. Les troupes encerclent Toulon mais ne peuvent

prendre Saint-Mandrier. Mouillage au Salins.

25 août : Départ des Salins à 11h.  Arrivée à Propriano à 21h. Plein de mazout.

26 août : Départ à 13h. Arrivée à Ajaccio à 15h. Nos munitions ne sont pas ici.

Départ à 17h.

27 août : Arrivée à Naples à 7h30. Le Vésuve au lever du soleil est splendide. Nos

munitions ne sont pas encore là. Vais à terre après 23 jours. Les

Napolitaines sont épatantes ... Appareillage à 22h la tête lourde !...

28 août : Arrivée à Civita Vecchia à 8h. Munitions tout la matinée. Appareillage à

14h, direction nord. Arrivée à Propriano à 22h.

29 août : Appareillage à 0h30 pour Ajaccio. Arrivée à 2h40. Terminons les

munitions. Plein de vivre et mazout. Appareillage à 14h. Mouillage en rade

de Saint-Tropez à 20h. Le « Montcalm » et le « Lorraine » sont là. Toulon

est tombé depuis hier. Vais-je avoir des nouvelles de ma belle... ?

30 août : Première sortie sur le sol de France !  Bon accueil mais les FFI nous

refroidissent…

4 septembre : Nous apprenons que nous allons être le premier bateau français à rentrer dans le port de Toulon

13 septembre 1944, Rentrée à Toulon à 11h. Hissons la flamme de combat. Mouillons à 500

mètres du quai Cronstadt. L’arsenal détruit est sous nos yeux… »

Nous pensons que c’est à cette date que Marceau COLMENAR vas monter à bord du croiseur pour continuer la bataille avec les hommes de la France Libre. 

une occasion de rappeler et rendre hommage au  rôle fondamental de la marine Française en soutien des troupes de débarquement.

 

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