Les Arcs sur Argens, Occupation, Résistance, Libération

Place du village le jour de la libération.
Place du village le jour de la libération.

De part sa forte défense Allemande à la gare et son train blindé, le général FREDERICK décide de confier la mission de prendre et liberer la ville des ARCS aux hommes du 517em régiment aéroporté Américain sous les ordres du Colonel Ruppert GRAVES. C’est la plus grosse unité de la division, Un régiment fort de près de 3000 hommes composé de 3 bataillons qui viennent de faire leur baptême du feu en Italie les mois précédents et auquel sera rattaché pour l’opération en Provence 1 bataillon d’artillerie aéroporté. « le 460em » une compagnie de Génie Aéroporté. « La 596em »

A l’aube de ce 15 Aout 1944, ce sera par une erreur de largage que les premiers éléments du 517em arriveront aux ARCS aux premières lueurs. Ces premiers parachutistes sont ceux du 1er bataillon, sous les ordres du capitaine William BOYLES. Eparpillés au Nord des ARCS entre le quartier des Nouradons et des Selves et du cassivet de TRANS. 

Ils se rassemblent par petits groupes à l’aube, et prendrons contact prés du transformateur électrique avec monsieur GIRAUD, (capitaine de l’armée d’armistice).

 

C’est hélas peu de temps après le saut que l’un d’eux, vas mourir dans de terribles circonstances au pylône électrique des  trois puits, en exécution des ordres de son gradé qui pensait lui faire couper une ligne téléphonique. Daniel FISHER sera électrocuté instantanément. Son corps carbonisé sera laissé sur place par ses camarades avant qu’il soit inhumé au cimetière de Draguignan. 

Les parachutistes en plusieurs groupes se dirigerons au Sud vers Les ARCS, certains guidés par le capitaine GIRAUD, ou monsieur MARIA, d’autres, s’étant rassemblés prés des Nouradons entendrons au petit matin le bruit de camions gazogènes arrivées depuis le Nord. Une fois pris contact avec leurs équipage, (il s’agit des Lorguais qui viennent de récupérer les Armes), ils embarquèrent avec eux et commencèrent leur descente vers la ville.

 

Ce ne sera que sur la place que l’un des parachutistes, alors que les camions commençaient leur progression vers la gare racontera : «  Je ne connaissais aucun mot en Français, mais alors que certains habitant venaient nous acclamer, l’un d’eux, sans doute un ancien soldat de la premier guerre vu son âge et qu’il arborai ses médailles pour l'occasion, s’écria à plusieurs reprises «  Suicide !.. Suicide !... » Je ne parlais ni comprenais un seul mot de Français, mais je réalisai que ce mot était le même dans nos deux langues et compris son message, sans hésiter, je passai le mot a mes camarades et notre groupe sauta du camion qui continua sa route vers le bas de la ville chargé des jeunes résistant »… Le suite tragique nous la connaissons tous.

Ces premiers parachutistes vont eux prendre contact avec les hommes du commandant Blanc, sur la place, et informés que les Allemands tiennent encore la partie sud de la ville et la gare, vont progresser lentement de rue en rue pour tenter au soir du 15 une première attaque. Hélas en sous nombre, les allemands vont tenir leur position et il en sera de peu pour qu’ils encerclent les hommes de Boyle et les résistants du commandant Blanc et reprennent possession de la ville. 

 

Des hommes du 517th et leurs mortiers lourds de 81mm en position au lieu dit "Roque rousse". En bas à gauche Robert WEBBER.
Des hommes du 517th et leurs mortiers lourds de 81mm en position au lieu dit "Roque rousse". En bas à gauche Robert WEBBER.

Ce sera le parachutiste Hoyt KELLEY, qui sous les ordres de Boyle passera les lignes ennemies de la plaine des Breguières et en une marche forcée qui failli lui couter la vie alla au PC du régiment fraichement établi à Sainte Roseline demander des renforts pour l’attaque finale.

Au soir du 15 août, la bataille est loin d’être gagné pour les hommes du 517em et les résistants du commandant BLANC. 

Les premières tentatives d’attaque au cours de l’après midi du se sont soldées par une retraite avec déjà des pertes au niveau alliés. C’est d’ailleur pour défendre ses camarades et les résistants qui battaient en repli que le parachutiste Albert ERNST combattu jusqu'à la mort et à épuisement des munitions à l’angle de la maison Agnezy au pont de la Gare. Il ne faut pas oublier que les Allemands qui ont massacrés les 13 Lorguais sont toujours fortement armés au Sud de la ville.

En revanche, du coté de Sainte Roseline le porte de commandement est bien établi, le château n’était tenu que par une garnison de soldats très jeunes ou trop vieux qui se sont rendus sans trop de problèmes. Le dépôt d’essence Allemand  du carrefour  Trans /La Motte / Les Arcs à été anéanti des les premières heures. Les renforts alliés arrivés au soir du 15, tel que le 551em bataillon établit à Valbourges ou les troupes arrivées par planeur permettent aux hommes du 517em de préparer pour le matin du 16 le ratissage et la contre attaque des Arcs. 

Ce sera dans la matinée du 16 que vont commencer à arriver sur la zone les hommes du 3em bataillon parachuté par erreur la vieille sur le secteur de Seillans, Fayence. Parmis ces hommes, le Muyois Claude JACQUEMET, et quelques hommes du 1er bataillon de choc Français ou du 1er RCP. 

Des hommes du 517éme RCT entrent dans les Arcs
Des hommes du 517éme RCT entrent dans les Arcs

Nous avons recueillis dans les années 2000 ce récits concernant les guides parachutites français :

Aimé Audibert, habitant le hameau des Bouillidou à l’Est des Arcs était présent à sa ferme qui longe la route. En ce matin du 16 août 1944, quand les hommes du 3em bataillon se mettent en progresser en direction des Arcs pour venir en renfort aux hommes du 1er bataillon de BOYLE, il est là le jeune Aimé, il laisse paraître son visage à l'angle de sa ferme, et regarde avancer ces parachutistes de fossé en fossé dans la plaine, leur visage barbouillé de camouflage vert et brun, quand l’un d’eux, voyant qu’il allait être exposé aux combats de ‘l’offensive lui lance « Lèvès ti daou mitan pitchoun ! » … (Lève-toi du milieu petit !)

Aimé n’en crois pas ses oreilles ! « Oh ! Les américains ont même appris la langue Provençale ! » et il demande «  Maï d’unté siès .. ? (mais d’où êtes vous ?) le parachutiste répondit : « Siou dé la Gardo Freinado » (Je suis de la Garde Freinet)  Après des recherches, nous avons retrouvé la fille de ce parachutiste, porté volontaire pour l’opération par ses connaissances du terrain, il s’agissait de Louis ARNAUD. Il n’est cité dans aucun livre, mais fut sans aucun doute le premier soldat Français à prendre contact avec la résistance Arcoise, et  livrer les combats de libération. Par cette anecdote authentique nous lui rendons hommage.

 

ARNAUD Louis, 1er Régiment de Chasseur Parachutiste
ARNAUD Louis, 1er Régiment de Chasseur Parachutiste

Les hommes du 3em bataillon du colonel Zaïs arrivent peu à peu à Sainte Roseline, eux qui devaient prendre Les Arcs sur les plans ont étés largués par erreur à 20 kilomètres au Nord Est, entre Clavier et Montauroux ! . Une partie des allemands se sont retranchés dans les maisons ou les jardins du sud de la ville, d’autres ont longés la voix ferrée en direction de la route nationale et attendent tapis dans les ruisseaux le début de la bataille. 

Pour cette contre attaque, le colonel GRAVES, commandant le 517em ordonne la mise en batterie de mortiers de 81mm sur le rocher au Sud Est des Arcs appelé « Roque Rousse », il peu contrôler ainsi les éventuels  replis ennemis ou les éventuels renforts par train ou la route nationale.

D’autre part, une autre position de mortier est également établie sur les hauteurs Nord Est de la ville, au niveau du quartier de la Baume. 

Le Nord de la ville étant déjà aux mains des alliés depuis la veille, il fait amener un canon de 75mm au niveau du haut de l’avenue Jean JAURES pour une éventuelle attaque de blindés ou pièces antichars. Il faut noter que depuis la veille, les canons situés au Sud Ouest en direction de Vidauban n’ont cessés de tirer en direction de la ville et de la plaine des Arcs.  

Par crainte que les Allemands reprennent la ville dans la nuit, une Mitrailleuse de 30 est portée sur le haut du réal et contrôlée par un groupe de résistants.

Mitrailleuse Cal .30 en faction au Réal
Mitrailleuse Cal .30 en faction au Réal

     Au matin du 16, l’ordre est donné d’avancer et d’ouvrir le feu sur l’ennemi. Des combats de rues aux tirs de mortiers de Roque Rousse, la bataille vas durer une bonne partie de la journée du 16. Dés le milieu de matinée, le contact est établit avec les troupes alliés débarquées sur les plages. L’aviation effectue un passage sur la gare et largue plusieurs bombes dont une qui fait des dégâts considérables. Mais les hommes de BLANC et les paras sont beaucoup trop prêts et l’ordre est donné de cesser le bombardement. Le renfort des unités blindées de la 45em division d’infanterie arriveront par Vidauban, et par Sainte Roseline pour les hommes de la 36em division. Le Contact avec les paras est établi au soir du 16, mais la ville vient d’être libérée après de durs combats qui ont coutés de nombreuses vies et fait de nombreux blessés. 

Les jours qui suivirent, les hommes du commandant Jean BLANC vont ratisser le secteur, les bois et la plaine pour débusquer des troupes allemandes isolées. Au total, d’après le rapport du commandant BLANC, ce sera près de 100 soldats allemands qui seront fait prisonnier et de nombreux tués.

Les pertes alliées sont à ce jour pas entièrement connues.

Sources opération-dragoon.com, reproduction des textes interdit sans notre autorisation.


Traduction


         Due to his strong German defense at the station and his armored train, General FREDERICK decides to entrust the mission of taking and liberating the city of the ARCS to the men of the 517th American airborne regiment under the orders of Colonel Ruppert GRAVES. It is the largest unit of the division, A regiment strong of nearly 3000 men made up of 3 battalions which have just made their baptism of fire in Italy the previous months and to which will be attached for the operation in Provence 1 battalion of airborne artillery, the 460th PFAB and an Airborne Engineering company, the 596th AEC.

    At the dawn of August 15, 1944, it was by a dropping error that the first elements of the 517th would arrive at the ARCS at first light. These first paratroopers are those of the 1st battalion, under the orders of Captain William BOYLES. Scattered north of the ARCS between Les Nouradons and Les Selves district and Le Cassivet in Trans en Pce.

     They gather in small groups at dawn, and will make contact near the electrical transformer with Mr. GIRAUD, (captain of the army of armistice). Unfortunately, it was not long after the jump that one of them died in terrible circumstances at the three-well power pylon, following the orders of his officer who thought he would cut a telephone line. Daniel FISHER will be electrocuted instantly. His charred body will be left behind by his comrades before he is buried in the Draguignan cemetery. The paratroopers in several groups will head south to Les ARCS, some guided by Captain GIRAUD, or Mr. MARIA, others, having gathered near the Nouradons, will hear the noise of gas-powered trucks arriving from the North in the early morning. Once in contact with their crew, (these are the Lorguais who have just recovered the Weapons), they embarked with them and began their descent towards the city.

      It will only be in the square that one of the paratroopers, as the trucks began their progression towards the station, will say: "I didn't know a word in French, but when certain inhabitants came to cheer us, one of them , probably a former soldier of the first war given his age and that he wore his medals for the occasion, cried several times "Suicide! .. Suicide! ..." I did not speak or understand a single word of French, but I realized that this word was the same in our two languages and understood its message, without hesitation, I passed the word to my comrades and our group jumped from the truck which continued its road down the city loaded with young people resistant ”… The tragic aftermath we all know. 15 french resistant from Lorgues will be ambushed and slaughtered by the germans.  Only two will survived.

      These first paratroopers will contact them with the men of Commander Blanc, in the square, and informed that the Germans are still holding the southern part of the city and the station, will progress slowly from street to street to try on the evening of the 15th a first attack.  The Germans will hold their position and it will be very little so that they surround the men of Boyle and the resistance fighters of Commander Blanc and recapture the city. It will be the parachutist Hoyt KELLEY, who under Boyle's orders will cross the enemy lines of the plain of Breguières and in a forced march which almost cost his life went to the PC of the regiment freshly established in Sainte Roseline to ask for reinforcements for the final attack.

On the evening of August 15, the battle was far from won for the men of the 517th and the resistants of Commander BLANC. The first attempts to attack during the afternoon of the day ended in a retreat with already allied losses. It was in fact to defend his comrades and the resistance fighters who were fighting in retreat that the paratrooper Albert ERNST fought to the death and the exhaustion of ammunition at the corner of the Agnezy house at Pont de la Gare. It should not be forgotten that the Germans who massacred the 13 Lorguais are still heavily armed south of the city.

On the other hand, on the side of Sainte Roseline the Headquarter is well established, the castle was only held by a garrison of very young or old soldiers who surrendered without too many problems. The German petrol depot at the Trans / La Motte / Les Arcs junction was wiped out in the first hours. Allied reinforcements arrived on the evening of the 15th, with the 551st battalion established in Valbourges and the troops arrived by glider, allowing the men of the 517th to prepare for the morning of the 16th the counterattack of the Arcs. It will be in the morning of the 16th that the men of the 3rd battalion who parachuted by mistake 30 km far from the DZ, will start arriving in the area. Among these men, the Muyois Claude JACQUEMET, and some men of the 1st French shock battalion or the 1st RCP.

In the 2000s, we collected this account concerning the French parachutist guides:

Aimé Audibert, who lives in the hamlet of Bouillidou in the east of Les Arcs, was present at his farm along the road. In this morning of August 16, 1944, when the men of the 3rd battalion start to progress towards Les Arcs to come in reinforcement to the men of the 1st battalion of BOYLE, he is there the young Aimé, he lets his face appear at the corner from his farm, and watch these paratroopers go from ditch to ditch in the plain, their faces smeared with green and brown camouflage, when one of them, seeing that he was going to be exposed to the combats of the offensive, launched him "Lèvès ti daou mitan pitchoun!" »… (Get up from the middle kid!)
Aimé do not believe his ears! " Oh ! Americans have even learned the Provençal language! "And he asks" Maï d’unté siès ..? (but where are you from?) the paratrooper replied: "Siou dé la Gardo Freinado" (I am from the Garde Freinet) After research, we found the daughter of this paratrooper, volunteered for the operation by her acquaintances from the field, it was Louis ARNAUD. He is not mentioned in any book, but was undoubtedly the first French soldier to contact the resistance of Les Arcs, and to fight the liberation battles. With this authentic anecdote we pay tribute to him.

       The men of the 3rd battalion of colonel Zaïs arrive little by little in Sainte Roseline, they who were to take Les Arcs on the plans were dropped by mistake 20 kilometers to the North East, between Clavier and Montauroux! . Some of the Germans have entrenched themselves in the houses or gardens in the south of the city, others have skirted the railroad tracks towards the national road and wait in the streams for the start of the battle. For this counterattack, Colonel GRAVES, commanding the 517th, ordered the placing of 81mm mortars on the rock to the South East of Les Arcs called "Roque Rousse", he could thus control any enemy retreat or any reinforcements by train or the national road.

On the other hand, another mortar position is also established on the northeastern heights of the city, at the level of the Baume district. The North of the city being already in the hands of the allies since the day before, it makes bring a gun of 75mm at the level of the top of the avenue Jean JAURES for a possible attack of armored vehicles or anti-tank pieces. It should be noted that since the previous day, the 88mm germans guns located in the South West in the direction of Vidauban have not stopped firing in the direction of the city and the plain of Arcs. For fear that the Germans would retake the city at night, a 30-machine gun was carried on the top of the real and controlled by a group of resistance fighters. (view the photo)

On the morning of the 16th, orders were given to advance and open fire on the enemy. From street fighting to mortar fire from Roque Rousse, the battle will last a good part of the day of the 16th. From the middle of the morning, contact is established with the Allied troops landed on the beaches. Aviation flew over the station and dropped several bombs, one of which caused considerable damage. But the BLANC men and the paratroopers are far too ready and the order is given to stop the bombing. Reinforcement of the armored units of the 45th infantry division will arrive by Vidauban, and by Sainte Roseline for the men of the 36th division. Contact with the paratroopers was established on the evening of the 16th, but the city has just been liberated after heavy fighting that claimed many lives and injured many people.

The days which followed, the men of the commander Jean BLANC will comb the sector, the woods and the plain to flush out isolated German troops. In total, according to Commander BLANC's report, almost 100 German soldiers will be taken prisoner and many killed. Allied losses are not fully known to date.

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