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Le N.A.P., Noyautage des administrations publiques.

    Commandé par George Cisson sur le secteur de Draguignan.

le NAP, créé par Combat dans l'été 1942, joue pourtant un rôle essentiel. C'est un service d'information, d'aide matérielle, de préparation de l'épuration et de la prise de pouvoir. Il est l'instrument par excellence du contre-pouvoir et le domaine de prédilection de cette résistance de fonctionnaires et de cadres.

Lorsque, fin 1942, les NAP des trois mouvements fusionnent, seul Combat possède un embryon de ce service dans le Var, dirigé par Maurice Maurin, ancien secrétaire du Conseil général, révoqué pour franc-maçonnerie en 1940. Après son passage dans un réseau américain et les arrestations qui décapitent le NAP régional au printemps 1943. C'est l'indispensable George Cisson qui se charge d'abord du NAP départemental en janvier 1944 puis du NAP régional (sous le pseudonyme de Roumi). Il est secondé  Fernand Roustan (Le Fils) qui prend en charge le département en mars, avec l'aide de Jean Liagre (Laîné) à Toulon et de Jean Altieri (Clément) à Draguignan, l'un fonctionnaire des Ponts et Chaussées comme eux, l'autre des Contributions directes.

Le travail NAP consiste, en premier lieu, à établir la liste des fonctionnaires selon leurs sentiments vis-à-vis de la Résistance pour prévoir le remplacement de ceux qu'il faudra épurer et la promotion des résistants. 

Dans les PTT, les cadres et les employés résistants constituent une organisation efficace qui peut mettre en liaison directe les chefs résistants des villes de la région. Il permet, en 1944, la liaison télégraphique entre Toulon – Draguignan – Hyères – Brignoles – Nice – Marseille - Lyon et, par voie détournée, entre Toulon et Aix-en-Provence. Forte de ce succès, la Résistance PTT met au point un service téléphonique et une équipe de destruction, composée d'ouvriers des lignes, chargée de “ déranger ” les lignes allemandes. 

De son côté, la Résistance Fer est plutôt tournée vers le renseignement, en liaison avec les réseaux du BCRA. De très nombreux cheminots en font partie, y compris ceux qui militent dans les organisations du Parti communiste.

Le NAP est toujours sur la brèche, sollicité constamment pour préparer une Libération évidemment imminente. Le NAP peut faire détruire les fiches des propriétaires de postes de TSF que l'on veut voir échapper à la réquisition de l'occupant. C'est une contre administration au service de la Résistance.  

“ le NAP a trois buts principaux qu'il convient de ne pas perdre de vue

1°) Préparer les épurations futures.

2°) Faire d'ores et déjà fonctionner l'Administration Française en faveur de la résistance.

3°) Préparer l'insurrection. ”

Faisant après-guerre, le bilan de son action, il estimera que le deuxième objectif a été bien réalisé, grâce aux PTT, aux Ponts et Chaussées et à la police, en particulier. 

Il est sûr que la police résistante apporte une aide précieuse en contribuant au sabotage du S.T.O(Service du Travail Obligatoire) et en fournissant documents et renseignements. Les chefs MUR lui doivent d'échapper à l'arrestation à plusieurs reprises. En surveillant et fichant les “ agents de la Gestapo ”, elle assure les fonctions de service de sécurité de la Résistance. 

Hélas, le 12 juillet 1944, Georges Cisson vint à Marseille relever le courrier à la boîte aux lettres du mouvement, dans le magasin les « Arts marocains » de Charles Boyer, rue de La Palud. Mais celui-ci avait été transformé, depuis la veille, en souricière par Ernst Dunker (Delage), chef de la Gestapo dans la région Sud Est, et ses hommes . Georges Cisson fut immédiatement interpellé, identifié comme Dubosc, chef régional NAP, et conduit au siège de la Gestapo à Marseille, 425 rue-Paradis. il sera conduit à Signes et exécuté le 17 juillet .