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DURAND Louis, Résistant, Barjols fusillé au Bessillon

Louis DURAND, photo de sa pierre tombale entièrement restaurée et colorisée par Sébastien DUGAS
Louis DURAND, photo de sa pierre tombale entièrement restaurée et colorisée par Sébastien DUGAS

Louis DURAND est né à Nîmes le 1er août 1890.

Son père était déjà facteur des postes dans cette ville. 

En 1914, juste avant d'être mobilisé il se marie à Toulon. Il va combattre pendant toutes les années de la première guerre mondiale et reviendra mutilé d'une jambe.

Il prend le poste de receveur des poste de Barjols (Var) et milite au parti Socialiste.

il entre dans la résistance et de par ses fonctions il va en priorité intercepter bon nombre de lettres de dénonciations envoyées à la boite postale de la Milice permettant ainsi de sauver des arrestations des résistants ou réfractaires locaux .



Le 12 juillet vers 16 heures, le bureau de poste de Barjols reçois la visite de résistants qui détruisent le central téléphonique, coupant ainsi toutes liaisons. A 19 heures 30, Louis DURAND prétexte être malade et reste a son domicile. Les troupes allemandes arrêtent Madame REYNAUD, la receveuse intérimaire et la conduisent à la Feldgendarmerie de Brignoles. Elle sera libérée dans la nuit.

Le 13 juillet 1944, les lignes téléphoniques sont à nouveau hors d'usage toute la journée. Sur ordre des troupes Allemandes le village est occupé, plus d'une trentaine d'homme sont rassemblés sur la place et arrêtés dont les facteurs MARIANI et ALLEGRINI. Louis DURAND est pris à son domicile par les troupes Allemandes aidées de Français de la milice et conduit avec d'autres otages à la prison de Brignoles dont il est extrait le soir même et conduit à la Feldgendarmerie avec Albert PLAUCHUT et Marcel VAILLANT. Alors qu'ils sont dans le couloir en attendant l'interrogatoire, ils aperçoivent la femme du chef de la Milice SOLARI ainsi que son fils.


Message envoyé au directeur des Poste de Draguignan le jour du premier sabotage de la poste
Message envoyé au directeur des Poste de Draguignan le jour du premier sabotage de la poste

Malgré cette rafle qui terrorise la population, les résistants reviennent à nouveau au bureau de poste dés le 14 au matin et coupent à encore un fois toutes les communications sauf la ligne de Saint Maximin. Dans la même période, le bureaux de Carcès et de Sillans la cascade subissent le même sort isolant tout le Haut-Var Ouest de toutes communications.

Le 26 juillet, sans nouvelle, son épouse fait le déplacement et est autorisée à lui rendre visite. A aucun moment elle n'a eu l'impression au cours de sa conversation qu'il allait être fusillé le lendemain, il espérait même un libération prochaine n'ayant rien a se reprocher.

Le 30 juillet à 12 heures, le corps de Louis DURAND à été retrouvé criblé de balles avec six autres personnes dans le massif du Bessillon, commune de Ponteves.

Ce 27 juillet 1944, des témoins domiciliés dans une ferme sur la route qui mène de Ponteves à Sillans la cascade ont aperçu dans les bois en camion conduit par les troupes allemandes chargés de civils. Il aurait ensuite entendu des détonations et revu le camion repartir sans ces civils.

 

Louis DURAND sera inhumé en son jour anniversaire, le premier août 1944 au cimetière de Barjols il était alors âgé de 54 ans.


Corps des martyrs du Bessillon lors de la découverte d'un des charniers le 30 juillet 1944
Corps des martyrs du Bessillon lors de la découverte d'un des charniers le 30 juillet 1944

A son retour de captivité, l'un des chefs de la résistance locale, Albert GARCIN, arrêté et interné à brignoles dans la même cellule que Louis DURAND témoignera des dernières paroles de celui-ci : 

" Si je ne retourne pas à Barjols, qu'on vienne à me tuer, et si vous autres vous y retournez, dites à tous mes amis que c'est la déposition que le facteur MARIANI à faite contre moi qui me fera fusiller. Je suis sur que mes amis me vengeront.."

 Activement recherché, en septembre 1944, le facteur Félix MARIANI est arrêté à Marseille. Il sera découvert à son domicile bon nombre de lettres de délations dont certaines écrites au ministre des Postes et télécommunications de Vichy dénonçant entre autre les activités communiste de Louis DURAND.

MARIANI sera jugé par la cour de justice de Draguignan pour intelligence avec l'ennemi et condamné à la peine de mort le 12 juillet 1945 qui sera commuée aux travaux forcés à perpétuité au mois d'août pas le président de la république provisoire (Charles De GAULLE)

Le chef de la Milice de Barjols, SOLARI,  sera arrêté par la résistance locale et retrouvé carbonisé dans un des fours de la tannerie PLAUCHUT, un autre milicien, membre de la Brandebourg et ayant travaillé aux tanneries fut soupçonné d'avoir dénoncé les otages Barjolais. Il fut également retrouvé assassiné. 


La poste de Barjols à l'époque an bas du Cours de la Rouguière.
La poste de Barjols à l'époque an bas du Cours de la Rouguière.

Travaux de recherches opération-dragoon.com aux archives départementales du Var, des bouches du Rhône, cour de justice section 12W.  et maitron.fr.