Floréal est né le 28 mars 1919 à Saint Julien le Montagnier dans le Var de Manuel et Conception HERRADOR.
D'origine espagnole de cinq enfants, la famille vient vivre et travailler à Carcès le père travaille comme bucheron.
Après l'école communale il effectue son service militaire au 159em régiment d'infanterie à Briançon plus connu sous le nom de 15-9 ou de régiment des neiges.
Floréal rejoint vers le 11 juin 1944 les hommes du maquis Francs Tireurs et Partisans des basses Alpes prés du village de Montagnac. Il est probable qu'il était accompagné de son camarade Gabriel UNIA.
Dérogations aux règles de la résistance ?, erreur des chefs de la compagnie FTP ? toujours est-il qu'en juillet, alors que les allemands harcèlent déjà les résistants des vallées environnantes , qu'ont déjà eu lieu les massacres de Saint Martin de Brôme, d'Allemagne sur Verdon et de toute la vallées d'Asse, du Verdon et de la Bléone en juin, ce sera pas moins de trois compagnies de Francs Tireurs qui se rassemblent sur la commune de Montagnac, et de Sainte croix sur Verdon avec l'état major à la ferme de la Fuste à la fin juillet, début août.
Des maquisards résistants des basses Alpes, rejoints par la 1er compagnie FTP du camp Robert, région de Aups dans le Var qui avait été attaquée. Ils seront au total près de 70.
Une telle concentration d'hommes sur un secteur très découvert fait de plateaux de lavandes et de maquis ne peu passer inaperçu aux Allemands. A l'aube du 11 août 1944, seulement 4 jours avant le débarquement de Provence, les maquisards sont attaqués par trois colonnes biens organisées. L'une coté Montagnac, et deux du coté de Sainte Croix. Se sentant encerclés, les résistants se dispersent, la plupart réussissent échapper à l'ennemi mais certains sont fait prisonniers et conduits à Dignes, alors que dix d'entres eux furent assassinés et massacrés au hameau des Fabres, quatre corps retrouvés dispersés sur la commune de Sainte Croix dont celui de Floréal FUENTES, et cinq autres retrouvés seulement en septembre sur la commune de Montpezat.
Le chiffre exact sera difficile a déterminé.
Une stèle porte le nom de FUENTES et 5 de ses camarades sur le bord de la route de Sainte croix à Riez.
Le docteur Paul RAYBAUD agé de 90 ans prononcera ce discours lors d'une cérémonie :
Je suis un survivant de la tragédie du 11 août 1944. Je veux témoigner de l'affectueuse gratitude que nous portons à la population de ce secteur. A cette population telle que nous l'avons connu et aimés, à dominante rurale, elle était solide, laborieuse, courageuse et d'un grand cœur. Ils nous ont aidés, ravitaillés, hébergés et soignés sans hésitation.
"Il y à 67 ans, le lac de Ste Croix n'excitait pas. A la place un vaste terrain boisé buissonneux et rocailleux qui descendait, à quelques kilomètres plus au Sud vers le lit du Verdon par des versants plus ou moins abrupts. C'est là que, à partir du 5 août, vint s'installer le camp ROBERT, Franc tireur Partisans de Aups dont je faisait partie.
Nous étions là, environ 80, car plusieurs de nos groupes évoluaient en parallèle (celui d'Edmond BERTRAND vers Valensole, et celui d'Yvon VERNES qui nous amena cinq américains dont l'avion avait été abattu prés de Rians et celui de BILLON qui assurait notre liaison aves les FTP de Clavier et de l'Est Varois. Et nous fûmes très étonnés de retrouver là un groupe de l'ex 1ere compagnie de Provence, commandée par Ange TADDEI et Richard CASSIN du camp Faïta ainsi que de forts contingents des 2em et 18em compagnies des basses Alpes avec GRANDI, CHAILLAN et MOURNIER.
Comment expliquer l'aberration d'un tel rassemblement si étranger à nos tactiques de guérillas disséminées ? Je ne peux l'expliquer que par l'obéissance irraisonnée du nouveau responsable FTP départemental. D'ailleurs le 10 août, conscients du risquent nous, camp ROBERT, avions décidés de lever l'ancre et de nous désaminer à nouveau. Il s'en est fallut d'un jour.. ce jour de trop comme le dit GARCIN, ce jour qui permit la tuerie de la Limatte de Signes, le massacre de Lambesc, alors que le "jour de moins" permit la dispersion du maquis de sioux Blanc. Au demeurant, ce rassemblement manquait d'homogénéité, chaque groupe étant jaloux de son autonomie et d'une solidarité interne acquise dans la promiscuité des mois précédents. Une atmosphère d'identité profonde.
Hélas à l'aube de ce 11 août, une vive fusillade nous mit en alerte. Nos sentinelles, un groupe de Polonais déserteurs de la Todt, s'opposaient avec un grand courage aux Allemands qui affluaient.
Je ne suis pas historien, ne peux donc parler que de mon parcours. Je vous dirai seulement que j'ai vécu des minutes angoissantes et j'ai eu beaucoup de chance de m'en tirer sans dommage.
Aujourd'hui j'ai le cœur serré en regardant cette stèle où sont gravés les noms des mes 19 camarades, en évoquant ceux que j'ai connu, FUENTES et BAUDOUIN de Carcès, les marins pompiers de Marseille, DURAND et Jean Marc, SUBILIA du camp FAÏTA et Tom le Malgache sur lequel personne n'a pleuré, et MONTOLEONE si longtemps méconnu. En me quittant ils ont emporté ma jeunesse et laissé un vide dans mon cœur. Mais chose étrange, je ressent toujours leur présence en moi. Montrer le sens de leur sacrifice à la lumière de cette Résistance qui assura la défaite du nazisme et sut préparer pour les générations futures des lendemains qui chantèrent.."
