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BENEDITE UNGEMACH Daniel, Résistant, chef du maquis du Pelenc, Aups

 Daniel UNGEMACH est né le 27 janvier 1912 à Strasbourg, dans l'Alsace annexée alors à l'Allemagne.

Au divorce de ses parents il décide de prendre le nom de sa mère : BENEDITE. 

Il quitte l'Alsace et effectue ses études à Paris. Licencié de philosophie à la Sorbonne, il trouve un emploi à la préfecture de police de Paris. Il gravit les échelons. 

Il s'engage tôt en politique au sein des jeunesses Socialistes, adhère au parti socialiste, puis de la S.F.I.O.(section Française de l'internationale ouvrière)

 



En 1939, il est alors rédacteur au secrétariat particulier du cabinet du préfet, en septembre, il est mobilisé et sert jusqu'à la capitulation de juin 40 comme sous-officier d'artillerie il est pris dans la tourmente de la retraite de l'armée française. Il embarque à la nage sur un navire anglais à Dunkerque. Arrivé en Angleterre il rejoint la mission Française de liaison qui le rapatrie de force d'où il rejoint son unité cantonnée dans le Larzac. A son retour de la vie civile, il démissionne de la préfecture et rejoint la zone libre et trouve refuge à Marseille.

Bien décidé à lutter contre l'Allemagne, à l'appel de son amie Mary Jayne GOLD, il intègre le Comité Américain de Secours dirigé par le journaliste américain Varian FRY, surnommé plus tard le SHINDLER américain. Daniel BENEDITE en devient le trésorier, bras droit du directeur. Ce comité marseillais peu connu va aider des centaines de juifs, des Alsaciens, Lorrains fuyant l'enrôlement de force, des intellectuels et opposants à quitter la France via l'Espagne parfois sous le couvert diplomatique américain.


Varian FRY dans les bureaux du Comité Américain de Secours à Marseille en 1941
Varian FRY dans les bureaux du Comité Américain de Secours à Marseille en 1941

Lors de la visite du Maréchal PETAIN à Marseille, BENEDITE est interné préventivement comme suspect le 3 décembre 1940. En février 1941, il est à nouveau arrêté à Aix les thermes alors qu'il était en reconnaissance d'une filière vers l'Espagne. Par chance, les douanier patriotes le relâchent. 

En mai de la même année il est une nouvelle fois arrêté à Marseille. Incarcéré à la prison Chave il est relâché faute de preuve 9 jours plus tard. Il essai alors d'entrer en Espagne mais est à nouveau arrêté cette fois avec sa femme Théodora PRINS à Banyuls ils seront libérés par un commissaire de police résistant. FRY reconduit à la frontière, c'est Daniel BENEDITE qui reprend la direction du C.A.S. de Marseille avec comme bras droit Roger TAILLEFER et le SCHMEIRER . Il monte alors des premiers réseau de renseignement Américain en Provence mais est à nouveau arrêté en juin 1942. En moins de trois année, il à organisé avec son réseau le départ de plus de 1200 "indésirables" soir par l'Espagne soit par la Suisse.

En novembre 1942 il adhère à Franc-Tireur et rejoint le réseau de renseignement Tartane-Massena qui fournira plans et cartes aux alliés, qui seront de la plus haute importance pour le débarquement.

Bien trop recherché par le gouvernement de Vichy, il rejoint Antibes, puis dois "se faire oublier" et trouve alors un travail de couverture comme bucheron à Châteaudouble dans le Var en décembre 1942.


photo de Daniel BENEDITE (au centre, lunettes et mains dans le poches) accompagné de quelques un de ses hommes Maquisards bucherons.
photo de Daniel BENEDITE (au centre, lunettes et mains dans le poches) accompagné de quelques un de ses hommes Maquisards bucherons.

En mai 1943, les relations avec le directeur de la société forestière sont au plus mal. BENEDITE d'un coté, patriote résistant, et de l'autre un collaborateur douteux. Un blessure l'oblige à s'arrêter de travailler et rejoindre sa femme Théo à Antibes. Par le plus pur hasard, il rencontre chez des voisins le directeur des Eaux et Forets du Var et lui expose ses mauvaises relations avec son patron.

Ce dernier va lui proposer de prendre la gestion d'un chantier forestier situé dans le Nord Ouest du département près des villages de Aups-Regusse et Fox Amphoux. 

Après visite des lieux avec TAILLEFER et SCHMEIRER, BENEDITE , sous le pseudonyme de Marcel Corblet ,accepte et l'aventure PELENC va alors commencer, aventure professionnelle sans perdre de vue la façon officielle de former un maquis et un jour prendre les armes contre l'ennemi.

 


Daniel BENEDITE au centre avec sa fille Caroline sur ses épaules, avec le résistant et maire de Regusse TRUC et des bucherons du maquis forestier du Pelenc, 1943
Daniel BENEDITE au centre avec sa fille Caroline sur ses épaules, avec le résistant et maire de Regusse TRUC et des bucherons du maquis forestier du Pelenc, 1943

Petit à petit, ses camarades de l'ancien chantier de Châteaudouble vont le rejoindre, puis des hommes de toutes horizon, pas nécessairement prêt à combattre mais plutôt à se refugier dans un travail qui leur permettra de ne pas parti en Allemagne.

Les tire au flanc ne sont pas garder, BENEDITE veut avant tout prouver aux Eaux et Forets le rendement promis. Ce ne sera qu'a partir de 1944 qu'il va organiser la lutte avec ses meilleurs hommes. En contact avec les chefs de l'ORA (Organisation Résistance Armée) il va repérer et organiser un parachutage qui va ainsi permettre d'armer ses hommes et les résistant alentours.

Hélas, dénoncé, le camps du maquis du Pelenc est investi par l'armée Allemande, appuyé par des Français qui perquisitionnent sans rien trouver heureusement. BENEDITE est arrêté avec un de ses hommes et amené à la Feldgendarmerie de Brignoles, puis, sans résultat, à la Gestapo de Draguignan et enfin incarcéré à la prison des Baumettes à Marseille.

Ce ne sera qu'a la libération de la ville à la mi-août qu'il pourra s'évader et rejoindre à pied ses homme dans le Haut-Var et alors commencer la lutte armée.

Le 19 août, il rejoint Draguignan et devient l'adjoint au commandant départemental des Forces Françaises de l'Intérieur. (F.F.I)

Revenu à Paris, rayé des cadres de la préfecture de Police, il recrée le C.A.S à l'image de celui de Marseille, devient administrateur du journal Franc-Tireur et participe à la création du Rassemblement démocratique Révolutionnaire.

Au long de sa carrière de résistant, il aura connu huit arrestations, mais, aidé par la chance, cet homme d'un remarquable sang froid s'en tirera sein et sauf. 

Daniel UNGEMACH BENEDITE sera homologué comme lieutenant dans la résistance. En 1984 il rédige ses mémoires, ainsi que plusieurs ouvrages. Atteint d'une maladie incurable, il se donne la mort le 15 octobre 1990. 

Nous sommes heureux de pouvoir par cet article rendre hommage à ce grand résistant trop souvent oublié de la résistance en Provence.


Travaux de recherches operation-dragoon.com, correspondances avec la nièce de Théodora BENEDITE (Angleterre), rencontre avec Maurice TAILLEFER-1990, Sources : Archives départementales Bouches du Rhône, Var, Paris Vincennes. Mémoires de Daniel BENEDITE " Un chemin vers la Liberté"